L’embrione, il ricercatore e la saggezza

Le Monde

A première vue, cela ressemble à une discussion— forcément byzantine — sur le sexe des anges. Jeudi 28 mars, les députés débattent de la proposition, déjà adoptée par les sénateurs, visant à modifier la loi fixant les conditions de la recherche scientifique sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Strictement interdites par les premières lois de bioéthique de 1994, de telles recherches avaient été autorisées, du bout des lèvres, lors de la révision de ces lois en 2004, puis en 2011: le principe de l’interdiction était maintenu, mais assorti de possi- bles dérogations, accordées par l’Agence de la biomédecine. Le texte aujourd’hui en discussion inverse ce principe. Il prévoit que les recherches sur l’embryon seront désormais autorisées, mais strictement encadrées, comme l’ava it d’ailleurs recommandé le Conseil d’Etat en 2009. Ce change- ment est réclamé, depuis des années, par bon nombre de scientifi- ques. Its souhaitent développer leurs connaissances sur l’embryon, améliorer les techniques d’assistance médicale à la procréation et explorer plus activement les pistes très prometteuses de ces recherches pour soigner les maladies génétiques ou dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer. Une grande partie de la communauté scientifique déplore donc la frilosité de la législation francaise. Its s’inquiètent des handicaps quelle impose aux laboratoires francais par rapport à leurs concurrents étrangers. C’est notamment le cas des Britanniques, qui ont depuis longtemps une législation libérale, et des Américains, qui ont rétabli, en 2009, des règles plus souples en la matière, après une parenthèse très restrictive pendant les mandats de George W. Bush. A l’inverse, les partisans du statu quo, au premier rang desquels les responsables de l’Eglise catholique, dénoncent le risque d’« instrumentalisation » ou de « reification » de l’embryon. Au nom du principe fonda mental de la « dignité de la per-sonne» qui doit étre reconnu «à tout étre humain» dès sa conception, c’est-à-dire dès le stade embryonnaire. Au-delà de ces crispations réciproques — les uns déplorant volontiers les lobbies conservateurs et religieux, les autres fustigeant les diktats aveugles des scientifiques et des laboratoires pharmaceutiques —, la proposition de loi en discussion postule, à juste titre, qu’il est possible de marier la raison et la sagesse. Ou, pour le dire autrement, le progrès scientifique et le respect de règles éthiques fondamentales. A cet égard, les scientifiques restent les mieux placés pour évaluer les marges de souplesse dont ils ont besoin pour faire avancer la recherche. Its ne sauraient le faire hors du contróle des autorités morales, poli-tiques et scientifiques (l’Agence de la biomédecine, en l’occurrence). Mais ils ne sauraient en étre empéchés, sauf à enfermer la science francaise dans une impasse.  

L’Associazione Luca Coscioni è una associazione no profit di promozione sociale. Tra le sue priorità vi sono l’affermazione delle libertà civili e i diritti umani, in particolare quello alla scienza, l’assistenza personale autogestita, l’abbattimento della barriere architettoniche, le scelte di fine vita, la legalizzazione dell’eutanasia, l’accesso ai cannabinoidi medici e il monitoraggio mondiale di leggi e politiche in materia di scienza e auto-determinazione.