Le coltivazioni di papaveri battono il record in Afghanistan

Le Monde
Jacques Follorou

C’est un lourd tabou qui pèse sur l’avenir de l’Afghanistan après le départ, fin 2014, des troupes de l’OTAN. La progression de l’emprise de la culture du pavot sur le territoire est constante et le niveau de la richesse tirée du trafic d’opium n’avait jamais été atteint depuis 2001. Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), pani le 15 avril, la culture du pavot, d’où est extrait l’opium, s’est accrue pour la troisième année consécutive. L’Afghanistan fournit go % des besoins mondiaux, soit une part estimée, en 2011 et 2012, à 60 % du PIB afghan. Les experts de cet Office ont parcouru 546 villages du pays à l’automne 2012, au moment des semailles puis en février et mars, lorsque la culture devient intensive. Its ont constaté que l’espace consacré au pavot a augmenté de 30 % par rapport à 2012. Une très grande majorité des fermiers interrogés ont indiqué qui ils avaient développé leur activité à cause des prix élevés de l’opium par rapport aux autres cultures. Un villageois afghan peut espérer 0,41 dollar par kilo de blé contre 160 dollars par kilo d’opium frais et 203 dollars pour de l’opium séché d’oùvient la morphine qui sert de base à l’hérofne. Les agents de l’UNODC ont pu constater que les pratiques d’incitation financières se sont étendues. Dans les régions du sud et de l’ouest de l’Afghanistan, les trafiquants versent de ”argent aux fermiers avant méme la récolte du pavot. « Les fermiers nous ont indi-qué, mentionne l’UNODC, que si leur champ de pavot était détruit par les autorités ou si la récolte était mauvaise, l’avance financière était remise à I’année suivante. » Si parmi les explicationsde l’ex-tension de la culture du pavot en Afghanistan figure la question du manque d’aides pour développer des cultures de substitution, l’axe pauvreté-insécurité traverse l’ensemble des témoignages recueillis par cet office de l’ONU. « Presque tous les villages où règne une très grande insécurité et la plupart des villagesoù l’on constate une insécurité relative sont des lieux de culture», note le rapport. En 2013, la culture de l’opium a progressé dans douze provinces du pays. La symétrie est régulière entre la progression du pavot et ”implantation des insurgés. Les zones frontières sont des régions très favorables pour la culture du pavot. Tout le sud, les provinces de Kandahar, du I Ielmand, les fiefs historiques talibans, de l’Uruzgan et de Zaboul ont vu les cultures s’étendre. L’ouest, et notamment la province de Farah, habituellement qualifiée de calme mais théàtre d’attaques sanglantes début 2013, ont vu le nombre de champ croitre. La région de Kaboul est relativement épargnée par le pavot à ”exception du district de Surobi, placé sous le contróle des troupes francaisesavant leurdépart. Plus à l’est, dans la province de la Kapisa, dont la sécurité ava it aussi été assurée par l’armée francaise, non loin de la frontière avec le Pakistan, les prévisions sont aussi à la hausse. Acteur majeur de I’économie Néanmoins, il ne faut pas en déduire que les talibans ou les autres groupes rebelles sont les organisateurs de ces trafics. Selon l’ONU, ils ne percevraient, sur les zones considérées comme leur fief, qu’une taxe sur le transport du pavot et de l’opium. L’argent de la drogue ne constituerait que 10 % à 15 % des fonds utilisés pour financer leur combat. Cette donnée est centrale. Car l’essentiel des revenus générés par la drogue est réparti, en réalité, entre l’ensemble des composantes ethniques et politiques du pays. Des Tadjiks, des Pachtounes, des Hazaras tirent profit du trafic. Les bénéfices sont à la hausse car la transformation du pavot en opium se fait de plus en plus sur le territoire afghan. De plus, près de 60 % des élus, d’après l’ONU sont intéressés financièrement, « de grès ou de loin », au trafic de l’opium. Des chefs de guerre qui règnent sur des régions entières et peuvent mobiliser à tout moment des centaines d’hommes en armes, des membres du gouvernement, des proches du chef de l’Etat sont parties prenantes. A l’heure où la manne financière générée par ”intervention militaire en Afghanistan va disparaitre en grande partie, et où des menaces lourdes pésent sur la capacité des Afghans à trouver une voie de consensus politique après 2014, la richesse de la drogue est, en soi, un acteur silencieux mais majeur de l’avenir afghan. « L’économie politique est le parent pauvre de la ref lexion sur l’après-2o14, la drogue n’estpas sur la table des discussions, admet-on à l’ONU à Kaboul. Tantquel’intérét politique primera, les Etats-Unis et la communauté internationale jetteront un voile pudique sur cette question centrale. »

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